Le sommeil n’est pas un lieu sûr – Louis Wiart

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« Le sommeil n’est pas un lieu sûr » est le premier roman d’un jeune auteur de 27 ans, né à Bordeaux et partageant son temps entre Bruxelles et Paris.Il est édité par les éditions Impressions Nouvelles.

Il m’a été conseillé par Albéric, de 45ème Parallèle, excellente librairie de Pessac (33). Merci beaucoup Albéric!

Plutôt qu’un roman comme indiqué sur la couverture, ce livre est pour moi une grosse nouvelle. Découpés en 5 chapitres, le lecteur n’a qu’un peu plus de 100 pages à tourner. Sobriété dans le nombre de pages, mais également dans les personnages peu nombreux et la « relative » simplicité de l’intrigue au premier abord.

D’étranges troubles du sommeil empêchent la narratrice de dormir et bouleversent donc son quotidien. Elle a l’impression d’entendre une voix lui parlant pendant la nuit. Elle doute de plus en plus, surtout qu’elle a l’impression de connaitre cette voix. Ces cauchemars étranges associés à une sensation d’étouffement, mettent en péril son équilibre, sa vie familiale mais également sa vie professionnelle. Critique musicale, elle perd l’envie et l’amour de la musique.

Je ne sais pas. Je n’ai rien entendu. Je n’entends plus rien depuis des années. […] Je veux dire il y a la mélodie, les sons et les silences, les rythmes, mais la musique, je ne l’entends pas, je n’arrive plus à l’entendre. […]Oui mais à présent, ça m’exaspère. Mes pensées dérivent. Je ne parviens plus à me concentrer. Il y a tout un tas de choses qui me préoccupent.

Et effectivement, plus les pages défilent, plus les angoisses de la narratrice s’amplifient et son mal-être augmente. Les phrases qu’elle entend sont de plus en plus violentes.

Vicieuse, sournoise.Avec tes airs de sainte-nitouche. Ne sais tu pas que je vais t’étrangler?

C’est par terre que je vais te trainer, nue et sans défense! C’est par terre tu comprends?

Le lecteur se retrouve petit à petit dans un huis clos psychologique admirablement stimulé par l’écriture maitrisée de l’auteur. On ressent le malaise de la narratrice. On se demande tout au long du livre qui elle est vraiment: une folle? une affabulatrice? une victime? un peu de tout cela? …

L’ambiance est très bien décrite par Louis Wiart. Les phrases sont belles et ça coule de source la majeure partie du temps.

A l’instant où je pénétrai dans la forêt, l’obscurité devint plus dense. Je courais à perdre haleine entre les arbres, frôlant les troncs, traversant les taillis, enjambant les ornières et les racines noueuses. Les branches basses étaient comme d’innombrables petites mains qui me griffaient sur mon passage. De temps en temps, je jetais derrière moi des regards traqués. […] A mesure que je progressais, des masses d’ombre se jetaient sous mes pas. Parfois des trouées à travers les feuillages laissaient passer des traits de lumière, mais ces moments étaient rares et le devinrent davantage. Je ne voyais plus grand chose, il m’arrivait de trébucher. Bientôt j’eus l’impression que des pans de verdure se rassemblaient autour de moi, et qu’ils m’entrainaient, me précipitaient dans un étrange mouvement de force où plus rien n’existait.

Les pages se tournent donc rapidement malgré la présence récurrente de petits défauts énervants (des répétitions inutiles, des enchainements un peu abrupts, des paragraphes trop brefs et/ou trop nombreux). L’angoisse est néanmoins maintenue jusqu’au bout, jusqu’à la conclusion abrupte, tombant comme un couperet. Comme si le lecteur se réveillait après un cauchemar.

Mais ce qui m’a le plus dérangé, c’est le côté trop superficiel du roman. Il est trop court, donc rien n’est approfondi. L’idée de base est bonne mais elle n’est pas totalement exploitée par l’auteur malheureusement. Cela donne l’impression d’un travail entamée mais pas achevée. Par exemple, on ne sait rien du mari qui joue pourtant un rôle important dans le livre. La fin manque d’intensité, de profondeur… Elle apparait trop simple par rapport à tout ce qui précède.

Avec un peu de recul, j’ai un sentiment d’inachevé avec ce roman. C’est vraiment dommage. Il n’empêche, c’est un premier roman réussi dans l’ensemble (j’ai aimé le style de l’auteur) et je suivrai la carrière de cet auteur.

3/5

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2 réflexions sur “Le sommeil n’est pas un lieu sûr – Louis Wiart

  1. Bonjour,
    Merci pour la découverte. j’étais captivée par le début de ton billet, l’intrigue me plait bien dommage pour la sensation que le roman n’est pas achevé. C’est peut être parce qu’il s’agit d’un premier roman ?

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    1. C’est possible en effet. A voir si cela change dans son prochain livre 😉
      Je te conseille néanmoins de le lire. Tu me diras ainsi ce que tu en penses.

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