Funny Girl – Nick Hornby

FunnyGirl

Dans le cadre du jeu « Appel aux lecteurs de la rentrée littéraire Editions Stock » organisé par le site MyBoox, j’ai eu la chance de gagner Funny Girl de Nick HORNBY. Je remercie tout particulièrement les éditions Stock et Thomas SCHRAMECK de MyBoox pour cet envoi.

Nick Hornby est un auteur anglais reconnu mais ce fut une découverte pour moi. Il m’est donc compliqué de comparer ce roman à ses précédents. Et il m’est également compliqué de le chroniquer car Funny Girl se lit facilement, est agréable, plaisant mais … sans plus. Cela ne restera pas une lecture inoubliable.

L’action se déroule dans les années 60. Barbara, belle blonde juste élue miss Blackpool, refuse le titre pour ne pas être potiche pendant un an et s’enfuit à Londres pour vivre une nouvelle vie. Son rêve est de devenir une grande vedette de la télévision et de faire rire les téléspectateurs. Elle va rapidement réussir dans sa quête avec une série (sitcom de l’époque dénommé Comedy Playhouse sur la BBC) écrite pour elle : Barbara (et Jim). Cette dernière occupera l’écran pendant 4 saisons et sera un succès formidable pour l’époque (jusqu’à 17 millions de téléspectateurs). Le rêve de notre Funny girl est exaucé : elle devient une véritable star.

Durant le roman, nous allons suivre les aventures de cette petite équipe soudée composée des héros (Jim alias Clive et Barbara qui se fait appeler Sophie), de deux scénaristes, Bill Gardiner et Tony Holmes, ainsi que Dennis et des personnages secondaires. Tous les personnages sont attachants et bien mis en valeur par l’auteur. L’intrigue est relativement fluide et se lit véritablement comme on suivrait plusieurs saisons de séries télévisées.

Nick Hornby met la femme sur le devant de la scène, mais en profite également pour dresser un portrait de l’époque : liberté sexuelle, homosexualité, divorce, émancipation de la femme, maternité, politiquement correct, … C’est là un roman provocateur pour l’Angleterre très prude, respectant des codes et pourtant capable des pires excentricités.

L’Eglise et certains politiciens vieux jeu peuvent bien s’étouffer d’indignation et arguer que ce triste rebondissement n’aidera en rien à améliorer le taux catastrophique des divorces : une séparation à l’amiable, au final, rend tout simplement une séparation attractive. Louons les scénaristes pour avoir abordé le problème sans faux-fuyant et suggéré des solutions que de nombreux couples auront à envisager à un moment donné dans l’avenir. Barbara et Jim nous manqueront.

L’existence même de Barbara (et Jim) marque la naissance d’une Angleterre moderne, d’un pays enfin prêt à reconnaitre que ses citoyens sont tout autant obsédés par le sexe que leurs voisins d’outre-Manche, et prouve que les observations drôles et intelligentes ne sont pas l’apanage des élites éduquées dans les écoles privées et les universités – et de loin, d’ailleurs, si on s’en réfère à ce pauvre Jim. Ce mariage, avec le temps, pourrait bien devenir le miroir de toutes ces préoccupations qui, en Angleterre, n’en sont qu’à leurs balbutiements ; peut-être auraient elle émergé plus tôt dans nos consciences s’il n’y avait pas eu la guerre, et les longues années d’austérité qui ont suivi. Et pour entrer de plain-pied dans cette décennie qui semble enfin, se libérer de la chape mortelle de celle qui l’a précédée, quels meilleurs intercesseurs, quels guides plus drôles et plus sympathiques aurions-nous pu trouver que Barbara (et Jim) ? The Times

Nick Hornby nous immisce également au milieu des répétitions des épisodes, des réflexions et des doutes des scénaristes, le jeu des acteurs… C’est intéressant d’être dans les coulisses et c’est parfois piquant. La plume de Nick Hornby sait être acerbe quand il le faut.

Ce qui était autrefois aussi pertinent qu’admirablement impertinent est devenu familier, voire parfois un peu sage comparé à la fine fleur de la comédie télévisée contemporaine – et, à force de voir des baignoires déborder, on peut finir par avoir l’impression que c’est le feuilleton tout entier qui a pris l’eau.

Le livre est structuré en plusieurs parties et quelques chapitres sont illustrés d’images d’archives, de publicités, d’affiches ou d’autres événements des années 60. Une bonne trouvaille la encore de l’auteur. La narration est parfaitement maitrisée, fluide, ce qui rend la lecture agréable.

Néanmoins, rien ne m’a réellement marqué. C’est plat, souvent mou, parfois insipide. Ça coule de chapitre en chapitre sans réellement marquer le lecteur. Si certains dialogues sont savoureux (attention il faut apprécier l’humour English), je n’ai pas beaucoup ri contrairement au pitch du livre. C’est écrit par un scénariste et effectivement cela ressemble à un scénario. Je ne serai pas étonné que Funny Girl soit adapté au cinéma.

Je reconnais néanmoins que la conclusion est originale et permets de tourner la dernière page sans déception aucune.

J’essayerai peut être de lire un autre opus de Nick Hornby pour définitivement juger (comprendre) cet auteur. Funny Girl, s’il ne m’a pas laissé insensible et se laisse lire sans souci, ne restera pas dans les lectures marquantes de cette rentrée littéraire.

3/5

Citations :

  • Donc pour toi, les rires et les plombages, c’est du pareil au même ? résuma Bill. Douloureux et désagréable, mais nécessaire ? Quel boute-en-train.
  • Le samedi, ils eurent rendez-vous avec Bert, le metteur en scène attitré de Comedy Playhouse, un homme affable et assez terne, qui avait à son actif quantité d’épisodes du programme, et donc pas l’ombre d’une idée neuve à proposer pour le leur.
  • Le divertissement avait pris le contrôle du monde, et Sophie n’était pas certaine que le monde fut devenu meilleur pour autant. Parfois, tout laissait à penser que tous les habitants de ce pays, sans exception, voulaient écrire pour la télévision, pousser la chansonnette, apparaitre dans des films. Plus personne ne voulait prendre un rouleau de peinture, concevoir des moteurs, ni même trouver un remède au cancer

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5 réflexions sur “Funny Girl – Nick Hornby

  1. J’avais hésité à découvrir l’auteur avec ce titre, moi aussi. Mais ta chronique me laisse penser que j’ai suffisamment de lectures en attente et que ce sera peut-être pour une autre fois.

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    1. Ce n’est pas un mauvais livre mais je n’ai pas accroché plus que cela… Suis surement un peu passé à côté de cet auteur.(Je compatis pour ta PAL la mienne n’a jamais été aussi haute…)

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  2. Dommage, je trouve qu’il y a plus que ça dans ce roman, notamment un oeil avisé sur la société du spectacle et ce qu’elle est devenue. Et il m’a semblé intéressant de regarder la société de l’époque à travers le prisme bien pensant de la télévision familiale.

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