On m’avait dit que c’était impossible – Jean Baptiste Rudelle

ManifesteCriteo

Jean-Baptiste Rudelle, un des fondateurs de Criteo, la pépite de la French Tech, publie « On m’avait dit que c’était impossible ».

Je remercie les éditions Stock pour cette lecture numérique.

Dans cet ouvrage personnel, l’auteur aborde sa vie, de ses études jusqu’à l’introduction avec succès de Criteo au Nasdaq, en passant par sa famille, ses premiers échecs et succès, ses idées et ses principes.

« Cette fois, je n’allais pas quémander des acteurs locaux l’honneur de distribuer leur technologie en Europe. Cette fois, la technologie, c’était nous les Français qui allions l’apporter au marché américain »

Ce livre, très bien écrit et qui se lit très facilement à ma grande surprise je le reconnais, est aussi intéressant qu’instructif. J’ai dévoré la première partie, mais ai moins accroché sur la seconde. Mais cet opus est aussi atypique sur au moins deux points.

Le premier est le message très positif que souhaite transmettre l’auteur. Toujours aller de l’avant, avoir envie, croire en soi! S’étant fixé deux buts – créer sa boite et écrire un livre, l’aventure a commencé par la création d’une saladerie avec sa femme dans le 13ème arrondissement parisien. Puis, après un premier échec et un premier succès (la revente de Kiwee, start up autour des sonneries pour téléphones portables, le mettait à l’abri du besoin), il ne s’est pas arrêté. Il a fait la rencontre providentielle et est né Criteo. Tout y passe: les nombreux pivots avant de trouver le bon modèle économique, les levées de fond, les rencontres (toujours savoir s’entourer des bonnes personnes, toujours avoir des partenaires et ne pas travailler seul, …) et le fameux IPO. C’est très vivant et fascinant, réellement motivant à lire.

« Lorsque vous êtes frappé par une injustice irréversible, aussi terrible soit-elle, il vaut mieux aller de l’avant plutôt que de chercher réparation pour un passé perdu. »

« Talent sans travail n’est qu’une sale manie, chantait Brassens. Pour une idée, c’est pareil. Qu’importe sa beauté, sa limpidité. L’important, c’est la mise en œuvre, ce que les Américains appellent l’exécution, et cela, c’est infiniment plus difficile. Le cimetière des innovations est ainsi jonché de ces belles idées, jolis fantômes, rêves d’entrepreneurs jamais bien concrétisés. Balayées par un concurrent qui aura eu la même idée en même temps, mais qui aura réussi par sa discipline dans la mise en œuvre. »

Le second est plus politique et concerne sa vision de la France. Non la France n’est pas un pays de fainéants, non on ne paye pas trop d’impôts en France (il dit même que les riches n’en payent pas assez!), halte au french bashing, oui la French Tech est forte, oui il y a des entrepreneurs en France contrairement à ce que pense Newsweek. C’est un discours qui est peu habituel aujourd’hui, surtout venant d’un chef d’entreprise et c’est assez étonnant. Au moyen de démonstrations fluides et argumentées, Jean-Baptiste Rudelle est souvent convaincant.

« Désolé, mais si nos entreprises échouent, ce n’est pas toujours la faute de l’Urssaf. Sur beaucoup d’aspects, la France st un étonnant petit paradis fiscal qui s’ignore. Je pousserai même plus loin. La France va devoir cesser de faire autant de cadeaux fiscaux – quand va-t-on nettoyer toutes ces niches ? – et à l’avenir les impôts pour les plus riches vont probablement augmenter. Bref, pour les gens comme moi, il va falloir payer plus. »

Autre point contraire à l’air du temps: il fait l’éloge de l’éducation française.

« Pourquoi ce besoin ? La France m’a beaucoup donné, et il me tarde aujourd’hui de rendre un peu à mon tour. Même si notre pays vit souvent un peu trop à l’ombre d’un passé glorieux, il est loin d’être fini. Un de ses précieux atouts est d’être doté de jeunes très bien formés dans le domaine scientifique, en particulier en Mathématiques. A l’heure où le big data – l’analyse massive de données – envahit tous les secteurs d’activité, notre éducation qui met tant à l’honneur la logique et les calculs vaut de l’or. »

J’ai par contre été moins convaincu par la deuxième partie du livre, celle où il nous parle de Piketty, des inégalités, de la comparaison des systèmes fiscaux français et américains … Moins en rapport avec Criteo et le monde des start up, cela m’a moins intéressé. Cette digression était-elle utile? Je ne le pense pas et trouve même son ajout dommageable pour le livre. De plus, certains passages frôlent le démago…

J’aurai préféré qu’il continue dans les recettes du succès de Criteo, notamment cette volonté de toujours faire de la recherche, toujours innover. C’est surement la raison principale du succès fabuleux de cette société.

« Après tout, ne fois que le produit a fait ses preuves, pourquoi ne pas simplement se concentrer sur le développement commercial ? Continuer à investir en recherche, cela veut dire s’imposer des charges et des coûts fixes incompressibles, sans aucune certitude de voir des revenus en découler. C’est la raison pour laquelle très peu d’entreprises, même dans le monde des start-up, investissent au-delà du strict nécessaire. Peut-être parce qu’elles sont trop enferrées dans une logique de court terme. Nous avons au contraire mis toutes nos forces dans ce domaine. Cette stratégie nous a permis de creuser l’écart technologique avec nos concurrents. A la manière d’un Google, qui a toujours considéré que la recherche était au cœur de son ADN er qui en a fait un formidable atout. Pour nous aussi, cette obsession technologique a été un facteur clé du succès. »

Je conseille néanmoins la lecture de cet ouvrage. Criteo est une très belle réussite française et en parcourant « On m’avait dit que c’était impossible », vous en saurez un peu plus sur les recette de ce succès.

4/5

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