Jeux de vilains – Iben Mondrup

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Jeux de vilains de Iben Mondrup, paru fin Août aux Editions Denoël, est l’histoire d’une famille danoise installée à Godhavn, une petite ville sur l’île de Disko, située à l’ouest du Groenland dans laquelle vivent trois enfants: Bjork, Knut et Hilde. Dépaysement garanti!

Je remercie Chloé et les Editions Denoël pour l’envoi de cet ouvrage dans le cadre de la sélection de Septembre de notre partenariat.

« On n’est pas toujours forcé d’avoir un but pour faire les choses.Quelquefois on peut les faire simplement parce qu’elles vous intéressent ».

Afin d’illustrer son intrigue, l’auteur a choisi de narrer cette dernière à travers les yeux des enfants au travers de 3 parties plus ou moins distinctes, une par enfant. Chacun se bat pour exister et avancer, chacun nous offre sa vision du monde extérieur.

Il y a tout d’abord Bjork, la fille cadette. Elle est capricieuse, plutôt égoïste, solitaire et sans gêne. Cette solitude fait qu’elle a souvent des idées noires, tout du moins morbide. Elle envie énormément sa grande sœur.

« Le craquement au moment où l’aiguille perce la carapace. Bjork caressant délicatement du bout du doigt les ailes de l’animal avant de partir en fredonnant das la prairie chasser des papillons. Ses cheveux aux nuances rousses comme une tache chantante dans les orties, l’herbe et les chardons. Le sifflement du filet juste avant qu’il ne s’abatte sur un nouveau miracle de la nature, l’œil expressif su l’aile du paon diurne, sa trompe en crosse d’évêque, sa fuite à tire d’aile dans une brume de chaleur. »

Puis vient le récit de Knut, le seul garçon de la famille. Il est timide, secret, vulnérable et sensible. Il semble si mal en point, si effrayé et malheureux, tout du moins pas à sa place dans ce monde où son imagination et sa rêverie font si mauvais ménage. Souffre-douleur de la cour de récréation, heureusement, il y a René, son ami, son sauveur face aux multiples méchancetés auxquelles il est soumis par les autres élèves de l’école. Mais ce dernier rentrera au Danemark chez sa mère, et Knut déprimera.

« Knut  n’est pas de la race des vainqueurs ».

Enfin, la dernière partie est celle de Hilde, la grande sœur, la prunelle des yeux de leur père avec qui elle partage la passion de la chasse.

« L’amour dit-il. L’amour que je te porte est très spécial. il ne peut pas se comparer à d’autres formes d’amour, à celui que je porte à ton frère ou à ta petite sœur, par exemple. tu es mon premier enfant, ma fille, la lumière de ma vie, ma perle, je serais prêt à mourir au nom de l’amour que j’ai pour toi, ma belle grande fille. Je donnerais ma vie pour sauver la tienne. J’aime ta mère aussi, mais pas de la même façon, pour toi mon ange, mon trésor, mon amour, je veux bien mourir ». 

Hilde est plus grande, elle devient une femme. Elle tombe amoureuse de Johannes, un garçon de l’île, sauvage et imprévisible, qui va se retrouver au cœur d’événements violents et inattendus. Désir d’émancipation, indépendance, donc conflits… les affres de la fin de l’adolescence ou des débuts de la vie d’adulte…

L’écriture est simple, soignée, agréable à découvrir. Elle s’adapte à l’âge et donc à la vision de chaque protagoniste, ce qui est appréciable et un point fort du roman. Parfois poétique, elle décrit de manière visuelle le quotidien et les pensées de chaque enfant. Joies, peines, secrets, amis, ennemis, l’univers est souvent dépeint avec force, sensibilité et réalisme. On trouve des phrases dures qui poussent chaque lecteur à l’introspection.

« C’est ce qu’il se passe quand on a son premier enfant, on devient plus que soi-même. plus rien n’est comme avant. Ta naissance a été le seul événement réellement significatif de ma vie et elle le restera sans doute, jusqu’à ma mort. Avant ta naissance, tout pouvait encore changer. J’aurai pu déménager, m’en aller, me cacher, fuir. tu es arrivée et moi j’ai atteint un point de non-retour. »

Toutefois, il m’a manqué un petit quelque chose pour réellement m’immiscer dans cette fresque familiale. Les parties se terminent de manière trop brusques, trop abruptes. Je ne suis pas resté insensible à ce que j’ai lu, loin s’en faut, mais… j’ai un sentiment de manque, d’inachevé en tournant la dernière page. (Et cela, même un mois après puisque j’ai pris beaucoup de temps pour rédiger cette chronique)

Vous l’avez donc certainement deviné, mon avis est mitigé sur cet ouvrage. S’il se lit sans souci, s’ils relatent bien les difficultés de vie, d’adaptation et d’intégration dans un lieu étranger, s’il dépeint de manière convaincante les envies et autres moments les plus secrets d’une adolescence, je n’ai pas réussi à totalement adhérer. Il m’a été difficile de rentrer réellement dans le livre, d’être en empathie avec les personnages. Est-ce le choix de la narration? Est-ce l’intrigue en elle-même? Est-ce l’absence d’une vision plus mature (une partie vue par le père ou la mère aurait-elle changé cette perception?) Je ne saurai dire… Peut-être et je l’espère, cela sera différent pour vous.

3/5

Jeux de vilains – Iben Mondrup
Traduit du danois par Caroline BERG
Editions Denöel – Collection Denoël et d’ailleurs
336 pages – Parution le 25/08/16

Deux autres avis: celui de Cécile et celui de Jostein.

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