La viande des chiens le sang des loups – Misha Halden

laviandedesloups

Après quelques mois d’absence, je réactive ma participation au Club des Ambassadeurs  12/21 en ce mois de Novembre. La sélection ce mois-ci est La viande des chiens le sang des loups de Misha Halden.

Je remercie Julie et les éditions Fleuve pour cette lecture numérique.

« Quand les Lupa sont petites, on les élève avec plein de petits mômes, ou de jeunes adolescents. Une sorte de cours privé, on va dire. A part la Lupa, il y a que des garçons. Les Lupa sont les raclures de la cour de récréation. On les pousse à se battre, à cogner, à casser des choses. Et puis on brise ce qu’elles aiment, àn le leur prend, on le donne à d’autres, aux petits garçons, souvent. Alors elles finissent par détruire ce qu’elles pourraient apprécier, pour éviter qu’on le leur vole. Elles fracassent ce qu’elles aiment avant qu’on comprenne qu’elles aiment quelque chose. »

La viande des chiens le sang des loups est un livre qui ne peut laisser indifférent le lecteur!
Je dirais même que c’est un ouvrage très clivant: on aime ou on n’aime pas. On accroche ou on n’accroche pas. On le lit ou on l’abandonne rapidement.
Car le titre, l’écriture, les personnages… il est impossible selon moi de rester imperméable pour reprendre un terme qui sied à la période automnale.

Ni réellement thriller, ni réellement polar, ni totalement fantastique, ce court opus de 25 chapitres et un épilogue s’apparente plutôt à un conte noir atypique. Il nous permet de suivre les aventures de Rory (le narrateur principal), un homme sarcastique qui vit seul dans sa maison. Il sort d’une rupture. Il va faire la rencontre de Lupa (l’autre personnage principal), l’Archer, et un certain nombre de personnages.

« J’ai fermé ma gueule, et je me suis rendu compte que c’est de toute façon ce que j’avais fait toute ma vie. j’aurais voulu dire ça souvent, mais je l’avais toujours bouclée. J’étais une couille molle. J’avais pas de dents de loup, moi. J’avais peur des morsures, moi. »

Il est difficile, voire impossible de résumer l’intrigue car imaginaire, fantastique se mélangent avec meurtres et réalisme.  Il est par contre plus facile de gloser sur l’écriture et le style, qui sont selon moi ce qui ressort de ce livre.

En effet, l’écriture est vraiment spéciale. Essentiellement orale avec grossièretés, langage cru, violence, elle est caractéristique des personnages principaux. Elle se marie vraiment bien avec les caractères de ces derniers. En cela, c’est une superbe réussite de l’auteur qui maîtrise totalement son oeuvre, du beau travail!

« Les hurlements de petit con qui fantasme un potager alors qu’il a jamais eu de merde sous les ongles. Les mots s’échappaient et j’aimais pas perdre ce contrôle, et j’avais pas envie de savoir pourquoi je m’étais barré de chez les humains, pourquoi je me sentais bien que dans ma maison sans personne »

Le style est brusque, poignant, piquant, souvent haché, ah tout le moins très direct. Un chien est un chien, pas de tergiversations ou autres blabla. La encore, c’est totalement dominé et cela se confond totalement avec l’atmosphère du livre. Dérangeant à souhait, bouleversant et malmenant, il contribue au mal-être résiduel du lecteur.

En ce qui me concerne, je l’ai lu mais… je ne suis pas un grand fan de ce genre d’ouvrage. Je reconnais sans problème les qualités de l’écriture et du style. Ils conviennent merveilleusement bien à Rory. Néanmoins ils ne m’ont pas permis de rentrer dans cette histoire compliquée. Je suis resté au bord du chemin, à l’extérieur de ce côté surréaliste de l’histoire.

J’ai laissé sa chance au livre. Je lui reconnais de nombreux atouts, mais cela n’a pas suffi à renverser mes convictions et à me convaincre.

« Pourtant, avoir le cœur qui continue à battre dans un cimetière, c’est la définition de la folie. La folie et son sourire si crispé qu’il fait péter l’émail des dents. J’avais vu tout ça chez cette gonzesse et j’aurais aimé être comme elle. Mais on peut s’écorcher autant qu’on veut, on change pas la viande dont on est fait. J’étais un chien, un gentil con, je faisais pousser des potirons, je sauvais des chats perdus, et voila tout. »

En résumé, c’est un conte noir original et dépaysant que j’ai parcouru sans passion particulière mais avec un certain malaise tout au long des différents chapitres. Certains adoreront, d’autres détesteront.
Bonne lecture 🙂

3/5

D’autres avis ici: Yvan et Léa

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Une réflexion sur “La viande des chiens le sang des loups – Misha Halden

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