Apprendre à lire – Sébastien Ministru

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L’aventure 68 premières fois continue avec cette rentrée littéraire de Janvier 2018. C’est reparti avec joie et enthousiasme en ce qui me concerne. Pour entamer cette nouvelle saison, j’ai découvert Apprendre à lire, premier roman de Sébastien Ministru.

Je remercie nos fées, Charlotte, Sabine et Nicole pour cette sélection ainsi que les éditions Grasset pour l’envoi du roman.

« Lire et écrire, comme inspirer et expirer, ce sont des gestes naturels que personne ne se souvient d’avoir appris. »

 

Drôle de premier roman… atypique, « bizarre », dérangeant… mais qui pour autant se lit rapidement et est loin d’être inintéressant.

Une fois n’est pas coutume, éviter de vous arrêter à la 4ème de couverture et au bandeau du livre. Certes il y a le père, le fils et l’amoureux. Mais l’intérêt de ce roman est loin de s’arrêter à cela. J’ai trouvé un vrai intérêt à cette histoire familiale entre un père et son fils, cette confrontation de deux sacrés caractères et l’intrusion d’un élément tierce au milieu, Ron, qui finalement les rapprochera. De plus, beaucoup de thèmes (vieillesse, homosexualité, prostitution, couple, infidélité, …) sont abordés par l’auteur, avec plus ou moins de succès.

« Mon père est passionné par les nouvelles du monde et retire un immense plaisir à critiquer la manière dont la télévision les met en scène. Personne dans la profession, et certainement pas moi, ne trouve grâce à ses yeux. Pour lui, les journalistes sont tous des hypocrites qui ne pensent pas ce qu’ils disent. Je lui ai un jour expliqué que c’était le rôle du présentateur du journal de ne pas penser ce qu’il disait, ce à quoi il m’a répondu qu’il fallait vraiment n’avoir aucune estime de soi pour faire du mensonge son métier. »

Le père d’Antoine, analphabète, acariâtre et dur, veuf, vit en Sardaigne. Il demande un jour à son fils,  directeur de presse, de lui apprendre à lire et écrire avant la fin de sa vie. Leurs rapports sont loin d’être cordiaux, mais Antoine décide de s’occuper de son père et accepte sa demande. Tant bien que mal, il essaye d’éduquer son père mais les résultats sont loin de répondre aux attentes communes.

« Je continuais à me demander quelles pensées pouvaient bien perturber l’ordre de son esprit, mais j’étais comblé et étonné par la tournure que prenaient les choses entre ces deux-là. »

Sa rencontre avec Ron, un amant de passage, va faire basculer les choses. Ron, instituteur, va non seulement prendre à bras le corps la mission (et réussir), très bien s’occuper du père d’Antoine, mais aussi et surtout « réveiller » le roman. Ce personnage mystérieux mais attendrissant, d’une grande simplicité est très humain. Il m’a énormément parlé et beaucoup plu. Outre le fait de donner de la fraîcheur et du dynamisme au texte, il entraîne Antoine hors de sa zone de confort. L’intrigue devient vraiment intéressante et l’émotion devient intense. Je dois avouer que c’était un peu monotone et triste avant, voire compliqué car souvent malsain et morbide. J’ai eu des difficultés à avancer tant mon mal-être était important avant.

J’ai ainsi dévoré la seconde partie du livre qui m’a nettement plus intéressé et marqué. Antoine ouvre les yeux, se remet en question et devient tendre. Quelle belle complicité et grands moments d’amour entre Antoine et son père en fin de roman… J’ai d’ailleurs tourné la dernière page à regret… regret que l’auteur se soit arrêté en si bon chemin. Il en est de même avec son compagnon, Alex. J’ai eu l’impression qu’Antoine s’était enfin trouvé.

« Je leur demande de me maintenir la tête au-dessus de la surface de l’eau dans des jeux sexuels somme toute très classiques mais dont j’ai redécouvert les bienfaits hygiéniques. J’ai tout essayé, tous les gabarits, tous les styles, toutes les nationalités. La première qualité que je reconnais aux prostitués est qu’ils ne me renvoient aucune image de moi. »

L’écriture est directe, cru et sans fioriture. Cela se lit très bien et est dans l’ensemble parfaitement maîtrisé par l’auteur. C’est à saluer pour un premier roman.

Les chapitres sont courts, l’alternance dialogue/récit permet de saines respirations, grandement nécessaires par moment je le reconnais.

A l’arrivée, je reconnais avoir apprécié Apprendre à lire et en garderai un bon souvenir.

3,5/5

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