Lumière noire – Lisa Gardner

Lumiere noire

Quais du polar approchant, et ne pouvant malheureusement pas y participer cette année contrairement aux précédentes éditions, je consacre un peu de temps à la rédaction de la chronique d’une lecture du début d’année.

Lumière noire est le dernier thriller de Lisa Gardner.

Je remercie Claire et les éditions Albin Michel pour l’envoi du manuscrit et leur confiance.

« Est-ce que je suis affamée ? Oui. Est-ce que je suis fatiguée ? Très. Est-ce que je suis assoiffée, apeurée, frigorifiée, morte de chaud ? Absolument. Je suis tout. Je ne suis rien. Je suis une imbécile qui a vécu dans une caisse en forme de cercueil et qui se retrouve piégée dans une maison murée. Je suis une fille, je suis une sœur qui a déjà détruit sa famille une fois et qui recommence à démolir la santé mentale de ses proches. Je suis une survivante qui n’a pas encore retrouvé le chemin d’une vie normale. Je suis une personne dépassée qui a envie de se laisser tomber par terre et de pleurer sur son sort. »

Quel plaisir et bonheur de retrouver notre chère DD Warren en pleine forme dans une nouvelle enquête aussi complexe qu’addictive. Comme elle nous y a habitués, Lisa Gardner maitrise parfaitement son intrigue. Elle s’amuse à nous faire tourner en bourrique en nous baladant avec de nombreuses fausses pistes tout en étant très descriptive. Cela en est souvent glaçant et terrifiant. Par exemple, tout le début du roman, on s’imagine vraiment dans le cercueil. Enfermement, suffocation, peur et folie… tout est décrit de manière très précise. Chapeau !

Une fois n’est pas coutume, je mettrais plus en lumière le côté psychologique du livre que l’enquête policière en elle-même.

Enlèvement, séquestration, bourreaux, viol, violence… les sujets abordés sont plutôt difficiles dans ce nouvel épisode. Et dire que de tels monstres existent… Pire, sauvée après 472 jours de captivité, Flora va revivre 5 ans après les mêmes « catastrophes » et les mêmes épreuves… Point fort du livre comme je le disais il y a un instant : l’analyse psychologique du personnage de Flora. Comment résister à cette nouvelle épreuve ?  Comment lutter pour survivre ? Comment chasser les doutes, le désespoir et croire coûte que coûte à un avenir meilleur ? C’est parfaitement exécuté par l’auteur et totalement convaincant. Il y a eu je pense un gros travail de ce côté-là. J’ai beaucoup apprécié. Il en est d’ailleurs de même pour toutes les techniques de survie, les victimologues, les techniques de combat… Tout est très réaliste et très travaillé. Nouveau coup de chapeau!

 « Et cette fille ? Pelotonnée à l’autre bout de la pièce dans le noir ? Est-ce qu’elle aussi a été enfermée dans un cercueil ? Est-ce qu’elle aussi a dû subir d’interminables heures, d’interminables journées avec la solitude pour toute compagne ? Jusqu’au moment où elle aussi aurait vendu son âme au diable juste pour sortir ? »

A l’instar de toutes ses enquêtes, c’est prenant et haletant. J’ai néanmoins noté un petit passage à vide en milieu d’ouvrage. J’ai eu davantage de mal à avancer, tant j’ai trouvé des longueurs et des choses peu vraisemblables. J’ai eu peur pour la suite que le récit  ne devienne artificiel voire pire… L’alternance entre le passé et le présent, fil rouge tout au long des pages, m’a à ce moment là perturbé. C’est ce qui pour moi n’en fera pas un coup de cœur, ni mon « top-one » de l’auteur.

Toutefois, rassurez-vous, tout est rentré rapidement dans l’ordre. La tension va crescendo et j’ai littéralement dévoré le dernier tiers du livre. Impossible de lâcher l’enquête on veut savoir !

« Les êtres humains sont des animaux sociaux. Nous ne sommes pas faits pour vivre coupés des autres. Ni, en l’occurrence, emprisonnés dans un cercueil. »

J’ai également noté quelques petits coups de griffe et messages bien sentis sur notre société actuelle. Un exemple ? Dans notre monde ultra-connecté, où les « fake news » sont de plus en plus fréquentes et surtout où nous subissons les images plutôt que réfléchir, j’ai trouvé la citation ci-dessous subtile.

« Du point de vue d’un enquêteur, le véritable fléau dont souffrait la société, ce n’étaient pas les grands criminels (après tout, les tueurs en série ne courent pas les rues), mais les journalistes. »

Plus complexe qu’il ne peut le laisser augurer, Lumière noire est un excellent thriller psychologique. Prenant, glaçant, captivant et très addictif, je vous le conseille sans hésitation. Attention, il ne conviendra pas à tout le monde. Âmes sensibles, vous êtes prévenus!

4/5

 

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