Belle-Amie – Harold Cobert

Belle Amie

Il m’était impossible de passer à côté de cet ouvrage. Un livre de Harold Cobert, ça ne se loupe pas ! J’ai donc rapidement actionné les réseaux et je remercie Anne et Arnaud pour leur confiance ainsi que les éditions Les Escales qui m’ont permis de lire Belle-Amie en avant-première.

Audacieux

Tel est le premier adjectif qui qualifie cet opus. En effet, écrire une suite ou tout du moins s’inspirer fortement de Bel Ami de Maupassant n’était pas gagné d’avance et s’avèrait très ambitieux (et casse gueule!). Harold aime reprendre à son compte ce genre de récits. Ruez vous sur un hiver avec Baudelaire par exemple si vous êtes sceptiques.

Haletant

« Pourtant, il avait besoin de Siegfried pour devenir enfin ministre ; malgré ses efforts et ses calculs, il n’avait pour l’instant trouvé le moyen d’accéder au niveau de pouvoir qu’il convoitait, il piétinait sur le seuil de ces sphères qu’il s’était juré de conquérir coûte que coûte. Quoi qu’il décide, il était désormais certain que, tôt ou tard, il devrait se débarrasser de Siegfried ; il devrait se séparer de lui avant qu’ils ne soient liés par trop de secrets inavouables pouvant entraîner sa chute. L’enjeu consistait à ravir tout ce qu’il pouvait à cet étrange individu en lui donnant le moins possible de lui-même, sans franchir le point de non-retour où il se retrouverait à sa merci. »

La montée en « puissance » de notre cher politique, Georges Du Roy De Cantel, franchissant toutes les étapes devenant député puis ministre en étant le journaliste boss du quotidien en vogue du moment, la Vie Française. Bref, tout pour flatter son égo, le mettre sur le devant de la scène et donc le satisfaire quelles qu’en soient les méthodes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que petits calculs, magouilles, corruptions et autres trafics sont légions. La politique telle qu’on l’exècre… et qui pourtant… existe ;
Mais…. si le travail paye, le vice ne paie pas. Jamais!. Et plus dure sera la descente du col… ne dit on pas que la vengeance est un plat qui se mange froid ? Je ne spoile pas et n’en dis pas plus sur l’intrigue. Tout est méticuleusement construit et mené. Vous allez adorer !

Passionnant

On ne voit pas les chapitres se succéder tant le rythme est soutenu, l’histoire passionnante et les rebondissements fréquents. Les plus de 400 pages s’avalent avec rapidité et gourmandise. Impossible de s’arrêter tant c’est bien écrit et dynamique.

« Il leva les yeux : le noir finissait d’imprégner le ciel dont les dernières pâleurs expiraient sans un râle, laissant apparaître le scintillement timide des premières étoiles. L’air était doux, liquide et tiède ; la ville s’abandonnait à son cours placide, dérivant allongée sur ses flots invisibles et vaporeux. »

En effet, quel style ! Quelle écriture ! Quand finesse et beauté sont réunies pour le meilleur. Un pur bonheur, un moment littéraire très fort où nous trouvons pèle mêle des mots rares, des imparfaits du subjonctifs, des descriptions somptueuses, de la poésie, des phrases musicales, des moments hilarants et d’humour… Un sans-faute ! Je ne voyais pas passer le temps dans le métro matin et soir. Pire, je le reprenais avant de me coucher et il m’arrivait également de le saisir dès l’œil ouvert. Ça faisait longtemps que je n’avais pas été aussi impatient de connaitre comment un auteur allait poursuivre et surtout conclure.

Pari gagné haut la main

Au final, que dire ! Que j’ai ralenti ma lecture, que j’ai relu début et fin une deuxième fois tant cela m’a plu. Une intrigue très moderne, très contemporaine. C’était au XIXème… et qu’il est troublant de ne voir de différence avec notre époque actuelle… ; une écriture remarquable ; une organisation du roman en deux parties habiles et très efficaces. Je ne vois rien à « critiquer ». Chapeau bas Señor pour le clin d’œil à Maupassant, la morale et le rôle que tu as donné aux femmes 😉

« Ça va lentement quand on monte, mais ça va vite quand on descend. »

Coup de cœur très fortement recommandé ! Courrez vite chez votre libraire préférée il est sorti aujourd’hui. Ce roman fera date dans la rentrée littéraire 2019 et comptera indubitablement.

Bravo Harold ! Superbe !

5/5

 

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7 réflexions sur “Belle-Amie – Harold Cobert

  1. Tu es le deuxième à le sélectionner pour mon bilan des coups de coeur et je suis très intriguée. Je n’ai jamais lu cet auteur mais je serais ravie de le découvrir via ce livre qui me rappellera sans doute mes lectures classiques d’autrefois.

    Aimé par 1 personne

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