Paul – Bruno Le Maire

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Bruno Le Maire est certes un homme politique de premier plan. Mais c’est aussi un écrivain, et un des rares politiques qui est intéressant à lire. Paul, une amitié, son dernier ouvrage publié lors de cette rentrée de début d’année ne fait pas exception.

« Paul m’avait ouvert des vies nouvelles, il avait bousculé des évidences acquises, il avait dessiné des chemins qu’il me restait à emprunter, il m’avait déplacé. Seuls comptent les amis qui vous déplacent, me suis-je dit encore.Ceux qui vous confortent dans vos certitudes ne sont pas de véritables amis, ceux qui vous déplacent ailleurs sont les véritables amis. Paul m’avait appris cet art du déplacement, qui ne ressemble en rien à une fuite, mais qui vous aide à faire un pas de côté pour voir les choses différemment, sous un autre angle. »

Lors d’une visite officielle, le souvenir de Paul refait surface et Monsieur le Ministre décide donc de raconter la disparition de son ami dans son avion retour de Buenos Aires. Ou comme il l’écrit « Paul m’invita à raconter sa disparition. ».

Les deux protagonistes ont une grosse dizaine d’années d’écart. Paul, un industriel à la retraite, soutient Bruno lors de la primaire de la droite pour la présidentielle. Suite à la « déroute », lui restera fidèle contrairement à plein d’autres.

S’ils ont beaucoup de points en commun, ils ne partagent pas tout: Paul a la foi et ne rate pas une messe mais ne voit pas l’intérêt de la formule 1 alors que Bruno en est un fan absolu et s’éloigne de plus en plus des églises. Il en est de même par exemple avec les pianistes (l’exemple de Glenn Gould est très parlant). Pour autant, les deux hommes s’écoutent, se respectent et ont des échanges toujours très profitables. Paul est d’un soutien indéfectible pour le ministre et le soutient, le conseille, l’exhorte à tenir bon.

« Tu es toujours bon avec Bourdin. Tu pourrais être plus offensif, mais tu étais bon. Sur l’économie, il faut que tu sois offensif. Les gens n’y comprennent rien. Ils veulent uncap, donne-leur un cap. »

 

Dans ce court récit littéraire d’une grande élégance mais si bouleversant, nous avons l’homme et non le politique, celui qui a ses passions, son érudition, ses valeurs familiales et humaines. L’amitié est réelle et inébranlable, rien ne pourra l’altérer. Trouver une case vide dans un agenda de ministre est illusoire? Bruno Le Maire prouve que quand on veut on peut. Il rendra visite régulièrement à son ami à la Pitié Salpétrière et ensuite dans la maison de soins. Il trouvera toujours un moment.

« En politique, le caractère est un vaccin contre l’intelligence. »

Très bien écrit et documenté, alternant les événements politiques et les échanges avec son ami, ce huitième ouvrage donne une vision subtile de l’action publique dans notre monde actuel… Il ne plaira pas à tout le monde, et j’ai déjà lu futilités et banalités sur les réseaux. Et pourtant… que ces personnes prennent le temps de découvrir l’essai et de se faire leur propre opinion, je suis certain qu’ils changeront majoritairement d’avis.

Touchant, émouvant, humain et sincère… Un très bel hommage rendu à son ami. Un excellent moment de lecture que j’ai lu quasiment d’une traite.

Je recommande.

4/5

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